Un peu plus tôt, jeanmarcmorandini.com vous relatait un premier incident lors de la commission d'enquête de l'audiovisuel. Rebelotte, un peu plus tard avec cette fois un incident sérieux car Patrier-Leitus a mis un terme à l'audition de quatre anciens ministres de la Culture alors qu'elle touchait à sa fin, après un vif accrochage avec le rapporteur de la commission, le député UDR Charles Alloncle. Tous deux se sont opposés au sujet du géant français de la production, Mediawan, fondé par le trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. M. Alloncle l'a qualifié de "société privée détenue à l'étranger" en raison de la composition de son actionnariat, ce qu'a contesté M. Patrier-Leitus.
"J'ai l'impression (...) que vous vous faites le porte-parole de Mediawan", a répliqué M. Alloncle, avant d'ajouter: "Que vous ayez des liens, on le verra peut-être, avec des actionnaires de Mediawan, vous pourrez en répondre".
"(C'est) absolument faux", s'est insurgé M. Patrier-Leitus en mettant fin à l'audition. "Mais Jérémie, franchement, qu'est-ce que tu fais, là?", a alors lancé M. Alloncle, en abandonnant le ton protocolaire.
Quelques minutes après cet incident, Charles Alloncle a publié le message suivant:
"Après avoir rappelé que Mediawan — premier bénéficiaire des contrats de France Télévisions — est majoritairement détenu par un fonds d’investissement américain, le président de la commission, Jérémie Patrier-Létus, m’a accusé à tort de relayer des « fake news ». Cette information est pourtant vérifiée et parfaitement avérée.
Il m’a ensuite violemment interrompu et a suspendu définitivement la séance, alors qu’il me restait plus d’une dizaine de questions, dont certaines sensibles, à poser aux anciens ministres de la Culture présents.
Cette entrave est grave, incompréhensible et inacceptable. Issue du droit de tirage du groupe UDR, cette commission d’enquête concerne des millions de Français et mérite des réponses claires.
Aucun président de commission n’a le droit d’entraver des débat parce qu’ils dérangent — ni, plus grave encore, de suspendre définitivement des auditions lorsque les questions ne lui conviennent pas."